syndrome prémenstruel
Féminin, Troubles et pathologies

Syndrome prémenstruel : comment l’accompagner naturellement ?

Mal au ventre, les seins qui tiraillent, sautes d’humeur, fringales, voire même déprimes… Ces symptômes, les femmes sont très nombreuses à les ressentir, tous les mois… Et donc pendant une bonne partie de leur vie !

Regroupées sous le nom de syndrome prémenstruel (SPM), ces manifestations sont donc à la fois physiques et psychiques. Évidemment, chaque femme étant unique, chacune peut ressentir davantage certains que d’autres.

Le SPM apparait pendant la phase lutéale du cycle féminin, c’est-à-dire en seconde partie de cycle, principalement la semaine précédent les règles.

Parfois pris à la légère par les médecins ou gynécologues, il concerne pourtant une grande majorité des femmes. Ainsi, environ 80% des femmes rapportent au moins un symptôme physique ou psychique pendant cette période.

Ces symptômes en sont très variés. Ainsi, plus de 150 manifestations différentes ont déjà été répertoriées, allant des troubles de l’humeur aux tensions mammaires.

Si ces manifestations prêtent parfois à sourire (dans une vision assez paternaliste voire misogyne des femmes d’ailleurs), alors de nombreuses femmes rient jaune. De 4 à 8 % des femmes souffrent en effet d’un syndrome psychique sévère, connu sous le nom de trouble dysphorique prémenstruel, réduisant nettement la qualité de vie de toutes celles qui en souffrent.

Dans cet article, je vous propose donc d’explorer l’origine physiologique de ces troubles pour ensuite mieux proposer des pistes d’accompagnement naturel, et soulager ces manifestations efficacement, et sans effets secondaires !

 

A l’origine des troubles du syndrome prémenstruel

L’étiologie, c’est-à-dire l’origine, des troubles prémenstruels est encore mal comprise.

Plusieurs études suggèrent que les modifications cycliques des niveaux d’œstrogène et de progestérone déclenchent les symptômes.

psychiques

Les changements d’humeur en particulier peuvent être imputables aux effets de ces hormones sur la sérotonine, le GABA et la dopamine, trois neurotransmetteurs cérébraux qui jouent des rôles importants sur la volonté, la motivation, et l’humeur en général.

Par ailleurs, plus le taux sanguin des œstrogènes augmentent, plus celui du magnésium diminue. Ce qui explique notamment que l’importance des signes physiques et psychologiques du SPM augmente avec le niveau de stress, lui-même dépendant du statut magnésien.

Œstrogènes, magnésium et sérotonine sont donc étroitement liés…

physiques

Œstrogène et progestérone peuvent également modifier l’équilibre des hormones régulatrices de la réabsorption de l’eau au niveau des reins (aldostérone notamment).

Ce qui pourrait expliquer en partie le gonflement et les œdèmes qui surviennent en seconde partie de cycle chez les femmes qui y sont sensibles.

Ces œdèmes sont d’autant plus prononcés qu’ils semblent également s’accompagner d’une augmentation de la perméabilité des capillaires. Or, les œstrogènes augmentent cette perméabilité…

Les patientes manifestant un SPM présentent également une production anormale de prostaglandines, des molécules intervenant dans la régulation de l’inflammation.

Il en résulte un déséquilibre entre les prostaglandines PGE1/PGE2, favorisant ainsi les prostaglandines inflammatoires, et in fine une sensibilité accrue des récepteurs hormonaux en phase lutéale.

Cependant, les seuls niveaux des hormones sexuelles ne peuvent expliquer entièrement les troubles prémenstruels.

Des études montrent en effet que les femmes chez lesquelles un SPM a été diagnostiqué ne présentent pas des niveaux plus élevés d’œstrogènes ou de progestérone que la population en général.

Et il n’existe pas pour le moment de raisons avérées pour lesquelles certaines femmes pourraient être plus sensibles aux fluctuations de ces hormones, même si la piste génétique a déjà été plusieurs fois mentionnée. Il semblerait également exister une variabilité non pas dans les niveaux d’œstrogènes, mais dans la sensibilité de leurs récepteurs chez certaines femmes…

Bref, plusieurs pistes ont été avancées jusqu’à présent, mais on est encore loin de connaitre l’origine exacte de ces manifestations !

Toujours est-il que de nombreuses femmes présentent une réponse anormale de leur système nerveux central aux variations normales des hormones sexuelles.

 

Les traitements classiques du syndrome prémenstruel…

Classiquement, les prescriptions médicales recommandent l’usage de contraceptifs oraux progestatifs.

Mais les risques, en particulier cardiovasculaires, ne sont pas à exclure.

De plus, les études portant sur les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause ont montré que la progestérone augmente les risques de développer un cancer du sein.

Pour les femmes souffrant particulièrement de troubles marqués de l’humeur, des antidépresseurs de type inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine sont parfois prescrits. Mais là encore, les effets indésirables ne sont pas anodins (dépendance, levée d’inhibition, perte ou gain de poids…).

 

… et les approches plus naturelles qui ont fait leur preuve

L’hygiène de vie anti-syndrome prémenstruel

L’activité physique, par son action sérotoninergique, endorphinique et antidépressive, favorise nettement la stabilisation de l’humeur. Favoriser des activités intenses et/ou prolongées, et mieux encore, aquatiques…

Vous pouvez également y adjoindre des techniques de gestion du stress qui ont fait leur preuve : yoga, qi gong, cohérence cardiaque, méditation, massages, etc.

L’alimentation, en particulier anti-inflammatoire, permet de contrer les effets négatifs du déséquilibre PGE1/PGE2.

On favorisera donc une alimentation à dominante largement végétale, riche en légumes crus et cuits, et apportant des glucides à indice glycémique bas, surtout le soir, afin de favoriser le passage du tryptophane à travers la barrière hémato-encéphalique. Rappelons que le tryptophane est le précurseur de la sérotonine, hormone du bien être, qui semble bien faire défaut dans le syndrome prémenstruel.

On veillera également à réduire la consommation de produits laitiers et de viande. En effet, ces produits animaux sont riches en œstrogènes, en perturbateurs endocriniens, et en acides gras saturés. Ces derniers favorisent la production d’œstrogènes par le microbiote.

Au contraire, on favorisera la consommation des acides gras omégas 3 qui ont des effets à la fois anti-inflammatoires et anti-dépresseurs.

On veillera également à ne pas être carencée en calcium, magnésium, vitamines B et E et en acide linoléique. Car la carence en ces éléments nutritifs semblent favoriser la survenue du syndrome prémenstruel.

A l’inverse, l’excès de sucre, la caféine et l’alcool augmentent la sévérité des symptômes. Il serait donc bienvenu de les diminuer drastiquement.

Les plantes aidantes du syndrome prémenstruel

De nombreuses études se sont intéressées au gattilier (Vitex agnus-castus) et toutes montrent son intérêt dans l’atténuation du syndrome prémenstruel. L’utilisation de cette plante, aux propriétés progestérone-like, est considérée comme sure et efficace.

Pour les femmes souffrant de rétention et d’œdèmes, la vigne rouge, en s’opposant à l’accroissement de la perméabilité des capillaires, permet d’en limiter les symptômes.

Enfin, les plantes traditionnellement soutenantes du foie, telles que le desmodium, l’artichaut ou le chardon-marie, pourront aider cet organe clé dans la désactivation des hormones sexuelles et la régulation des hormones de la rétention sodée.

Et la micronutrition

La complémentation en huile de bourrache et/ou d’onagre peut permettre de pallier au défaut de conversion de l’acide linoléique en acide gamma-linoléique (GLA) observée chez certaines patientes. Ces huiles pourront assurer un meilleur équilibre entre les PGE1 et PGE2 et réduire ainsi le fond inflammatoire.

L’apport de tryptophane et/ou de 5-http, les précurseurs de la sérotonine, est une piste sérieusement étudiée et pertinente. On fera néanmoins attention à ne pas manquer des cofacteurs nécessaires à la transformation du tryptophane en sérotonine. Il s’agit notamment des vitamines B6, B9, B12, du magnésium, du fer et du cuivre. Attention, on déconseille totalement de se complémenter en fer et/ou en cuivre en l’absence de carence avérée.

Enfin, plusieurs études montrent également l’importance du calcium dans la modulation neuronale. Des études portant sur une supplémentation en calcium, à des doses de 500 mg/j, chez des femmes souffrant d’un SPM modéré à sévère, ont montré une réduction significative des symptômes. Mais attention, pas d’apport de calcium sans vitamine D…

Dans tous les cas, dès que des manifestations concernent la sphère psychiques, la complémentation en magnésium reste un indispensable.

 

Évidemment, aucune de ces approches seules n’est efficace à 100%.

Mais améliorer son alimentation (n’hésitez pas à télécharger gratuitement le kit alimentation santé sur ce site !), reprendre une activité physique régulière, et s’aider (avec l’aide d’un thérapeute averti) de plantes et micronutriments ciblés pourront, conjointement, nettement diminuer ces symptômes parfois lourdement handicapants… et cycliques.

Cela vaut bien le coup d’essayer, non ?

 

Sources :

Cerqueira R.O. et al. 2017. Vitex agnus castus for premenstrual syndrome and premenstrual dysphoric disroder : a systematic review. Arch. Woman Ment. Health. doi.org/10.1007/s00737-017-0791-0

Hofmeister S. & Bodden S. 2016. Premenstrual syndrome and premenstrual dysphoric disorder. Am. Family Physician, 94(3):236-240.

Lanza T. & Pearlstein T. 2019. Premenstrual dysphoric disorder. Med. Clin. N. Am., 103:613-628. doi.org/10.1016/j.mcna.2019.02.007.

Yonkers K.A. & Simoni M.K. 2018. Premenstrual disorders: an expert review. Am. J. Obst. Gynecol. doi: 10.1016/j.ajog.2017.05.045.

 

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2 réflexions au sujet de “Syndrome prémenstruel : comment l’accompagner naturellement ?”

  1. Allô Marine,
    C’est la première fois que je lis que le microbiote est un organe ayant une fonction de production endocrinienne selon ce qui est écrit comme suit dans ton article: “.. qui favorisent la production d’œstrogène par le microbiote…”.Te serait-il possible de référencer cette affirmation par un article scientifique?… ou une lecture écrite par une autorité en la matière?
    Merci de donner suite. Ça m’intrigue!!!

    1. Bonjour Ghislaine,
      En effet, le rôle endocrinien du microbiote est souvent oublié… Et pourtant, de nombreuses études le mettent en avant.
      En voici quelques unes (chez les animaux et l’humain) :
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31920519
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27345323
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5414803/
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31682158
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28778332
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5830593/
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7028701/#B101
      Cordialement,
      Marine

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