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Alimentation santé

Pesticides dans l’assiette… ? Comment s’en protéger ?

Il y a 8 ans déjà, une enquête de Générations Futures avaient fait grand bruit. L’analyse de l’assiette d’une journée alimentaire type d’un enfant montrait la présence de 128 résidus chimiques au total ! Dont 36 pesticides différents parmi lesquels 17 sont des cancérigènes et des perturbateurs endocriniens[1] suspectés ou avérés. Ainsi, l’enquête mettait les pieds dans le plat et ouvrait les yeux de nombre de personnes : il y a bien des pesticides dans l’assiette, de nos enfants et de la nôtre.

Plus récemment, le magazine Cash Investigation : « Produits chimiques – Nos enfants en danger », diffusé sur France 2 en 2016, enquêtait sur les liens entre les pesticides perturbateurs endocriniens et la santé de nos enfants. L’enquête révélait au grand public l’impact de ces produits sur certains cancers, malformations de naissance, puberté précoce ou même certaines formes d’autisme.

 

Mais commençons par le début… Que sont les pesticides ?

Pesticide vient du latin cida, tuer et de l’anglais pest, nuisible. Ce sont des substances ayant pour but de tuer des êtres vivants. Les professionnels du milieu agricole préfèrent les nommer produits phytosanitaires. Mais les résultats sont les mêmes :

  • les herbicides s’attaquent aux végétaux, afin d’éliminer les plantes indésirables dans les champs ;
  • les insecticides détruisent tous les insectes, qu’ils soient nuisibles pour la culture ou même utiles (tels les pollinisateurs),
  • et les fongicides tuent les champignons, responsables de nombreuses maladies dans les monocultures.

Il en existe de nombreux autres, moins connus, tels que les molluscicides (contre les limaces) ou les rodenticides (contre les rongeurs).

 

Pour quels volumes dans les champs ?

Avec 62700 tonnes de matières actives utilisées par an, la France est de loin le 1er utilisateur européen. Elle est le 3ème utilisateur au monde après les Etats-Unis et le Japon !

Par la consommation rapportée au nombre d’hectares cultivés, la France occupe le 3ème rang européen. A se demander comment font les autres pays…

Et ne vous laissez pas abuser par les discours enjoliveurs qui mettent en avant la réduction de l’utilisation des pesticides depuis le début des années 2000. Certes, la vente des insecticides a diminué de près de 70% entre les années 1990 et 2000. Mais cette tendance résulte surtout :

  • d’une moindre utilisation du soufre et du cuivre
  • et de l’apparition de nouvelles molécules beaucoup plus actives à de très faibles doses, de l’ordre de quelques grammes à l’hectare

 

Et des impacts inquiétants sur la santé

Il n’existe pas de pesticide totalement spécifique d’un nuisible. Les organismes vivants partagent, quel que soit leur rang taxonomique, des processus et mécanismes physiologiques partiellement communs. De ce fait, un pesticide, destiné à lutter contre un nuisible, présente un potentiel toxique plus ou moins étendu pour d’autres organismes qu’il ne cible pas (rapport INSERM, Pesticides, effets sur la santé, 2013).

L’humain est donc évidemment concerné. A commencer par les agriculteurs qui les manipulent très souvent. Et les consommateurs, qui les invitent à leur table, sans souvent en avoir conscience…

Bien sûr, l’impact de ces produits sur notre santé n’est pas anodin. L’enquête de Cash Investigation l’a bien montré. Ce n’est pas le sujet de l’article, mais les études épidémiologiques indépendantes montrent aujourd’hui l’implication possible, probable ou avérée (selon la molécule et la maladie considérée) de ces substances sur de nombreuses pathologies ou dysfonctionnement de l’organisme, faisant de l’homme une victime collatérale :

  • asthme,
  • diabète,
  • cancers (notamment de la prostate et cancers de l’enfant),
  • affaiblissement du système immunitaire,
  • réactions allergiques,
  • pathologies auto-immunes,
  • maladie de PArkinson,
  • infertilité et anomalie congénitale,
  • troubles neurologiques
  • et j’en passe…

Toutes ces problématiques ont bien sûr des origines multifactorielles. Mais le risque de développer ces pathologies est souvent croissant avec la cumulation des expositions aux pesticides au long de la vie.

 

Pesticides dans l’assiette, comment s’en protéger ?

Les médias l’ont moins relayé, mais Générations Futures a poursuivi l’enquête sur les repas d’enfants. L’association a analysé cette fois les mêmes menus préparés avec des aliments issus de l’agriculture biologique. Alors, là aussi, y-avait-il des pesticides dans l’assiette ?

Résultats : 0 résidus de pesticides dans les fruits et légumes bio testés, pour en moyenne 223 fois moins de résidus de pesticides dans les aliments bio comparés aux aliments non bio.

pesticides dans l'assiette - logo ABQuoi que l’on pense du bio par ailleurs, et malgré les dérives économiques qu’il peut engendrer, les analyses en laboratoire ne mentent pas. Si vous voulez éviter l’ingestion de dizaines de molécules chimiques différentes touts les jours, privilégiez les aliments cultivés et préparés de manière naturelle, les moins transformés possibles. Car les additifs alimentaires utilisés par l’industrie agro-alimentaire ont eux aussi des effets non négligeables sur l’organisme.

La conscience environnementale et l’éthique sociale nous incitent aussi à choisir des produits locaux, de saison, ne provenant pas de l’autre côté de la Terre…

Et mieux, si vous en avez la possibilité, cultivez vous-même de façon naturelle votre lopin de terre…

Un mode de cuisson à ne pas négliger

La préparation adaptée des aliments permet également de réduire l’exposition à ces pesticides dans l’assiette. Si vos fruits et légumes ne sont pas bio, épluchez les chaque fois que possible. Sinon, rincez les soigneusement sous l’eau. Ces précautions réduisent malheureusement drastiquement l’apport des vitamines et minéraux et ne vous permettront pas d’ôter la totalité de ces substances, mais en réduiront nettement la concentration.

Un mode de cuisson qui fait « suer » les aliments permet également d’en éliminer une partie. C’est le cas par exemple dans les cuits-vapeurs, à condition que la forme du couvercle évite à l’eau de condensation de ruisseler sur les aliments en train de cuire. Préférez donc des couvercles bien bombés, de manière à ce que l’eau ruisselle sur les bords du plat… et jetez l’eau.

… et ailleurs !

Enfin, n’oubliez pas que ces pesticides et autres perturbateurs endocriniens ont d’autres portes d’entrée dans notre organisme :

  • choix de l’eau de boisson,
  • des cosmétiques appliqués sur la peau,
  • des produits d’entretien utilisés dans nos intérieurs (et que nous respirons),
  • lessives…

Se protéger des substances chimiques à outrance est une stratégie globale. Alors commençons par faire les choix à portée de notre main et de notre chariot…

 

Merci d’être arrivé au bout de cet article qui je l’espère vous aura intéressé. Si je n’ai pas répondu à toutes vos questions, n’hésitez pas à les poser en commentaire. J’y répondrai directement ou j’en ferai un prochain article !

Et n’hésitez pas à partager bien sûr !

 

[1] Un perturbateur endocrinien est une molécule dont l’arrivée dans le corps humain (par ingestion, inhalation ou à travers la peau) entraine des perturbations du fonctionnement normal du système endocrinien, c’est-à-dire du fonctionnement de nos hormones.

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